Lou Darsan en résidence littéraire à Lattara


Publié le 22/03/2021

Crédit photo Teddy Lonjean, tous droits réservés.

La romancière Lou Darsan est accueillie par la résidence de création littéraire Lattara depuis le début du mois de mars. Créée en 2017 par Montpellier Méditerranée Métropole dans l’enceinte du Musée Lattara, cette résidence bénéficie du soutien du Centre National du Livre (CNL) et de la Région Occitanie. 

Lou Darsan sera présente jusqu'à la Comédie du Livre. Son premier roman L’Arrachée belle est paru en août 2020 aux éditions La Contre allée.

Lors de cette résidence, elle poursuivra l’écriture de son second roman et participera à plusieurs actions auprès des publics. Une restitution de cette résidence aura lieu pendant la Comédie du Livre, du 4 au 6 juin 2021.

LOU DARSAN ET SON PREMIER ROMAN L'ARRACHÉE BELLE

Lou Darsan est nomade et écrivaine. Née en 1987, elle poursuit des études de Lettres Modernes puis exerce le métier de libraire quelques années. Elle publie des chroniques littéraires dans plusieurs revues en ligne ainsi que sur son site personnel, Les feuilles volantes, où elle explore par ailleurs son rapport au paysage réel et mental, à travers l’impression, l’évocation de l’image et la modification du regard. L'Arrachée belle est son premier roman, publié par les éditions lilloises La Contre Allée, que la Comédie du Livre avait mise à l’honneur en 2017.

Au centre de ce premier roman, il y a le corps d’une femme, ses hantises et ses obsessions, et il y a la nature. C’est l’histoire d’une échappée belle, d’une femme qui quitte, presque du jour au lendemain, tout ce qui déterminait son identité sociale. Elle sort de stase et se met en mouvement. Son départ est d’abord une pulsion, une sorte de fuite vers l’avant qui tient du road movie, avec de longues traversées de paysages en voiture, en auto-stop, puis à pied. De la fuite et l’errance du départ, cette échappée va se transformer en nomadisme et en un voyage vers la réalisation de soi.

L’Arrachée belle, c’est une échappatoire à une situation vécue comme oppressante : une vie de couple dont la violence réside dans l’absence de relation, dans le vide entre les corps, dans les non-dits, l’incompréhension, la distance qui se creuse. L'autrice a voulu faire ressentir la violence de ces quotidiens subis, cette perte de sens qui est devenue pour la femme une absence au monde et à elle même, et que l’on nomme en psychologie un syndrome de déréalisation et de dépersonnalisation, une façon de s’extraire de ce qu’on ne peut pas supporter, symbolisée par l’absence de prénom de la narratrice.

La forme épouse et fluctue avec maîtrise selon l’évolution de l’état d’esprit de la narratrice. Dans ce roman, il y a la volonté de nommer précisément, de s’attacher aux détails, de rendre les sensations et la perception de la modification d’un corps en usant de champs lexicaux spécifiques. L’intime y est exploré avec sensibilité. La nature occupe une place prépondérante (géologie, zoologie, botanique) et les descriptions particulièrement évocatrices transcrivent avec précision toute sa diversité, voire son étrangeté.
Enfin, jouant d’une forme de réalisme magique qui différencie peu le réel, les visions, les rêves ou les cauchemars, Lou Darsan arrive, malgré le peu d’informations dont le lecteur dispose sur le personnage, à générer l’empathie : on ne peut s’empêcher de se reconnaître en ce personnage énigmatique en pleine renaissance (un « corps domestique » qui « s'ensauvage »), comme si cette femme était la part de nous qui aimerait avoir le courage de se lancer, de tout abandonner, de partir, et surtout, d’être véritablement à l’écoute de soi.

L'Arrachée belle a été nominé pour plusieurs prix littéraires : le Prix Révélation de la SGDL, le Prix du premier roman des Inrockuptibles et le Prix du premier roman de la librairie L’Impromptu.


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