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Milieux aquatiques et inondations



La GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) est au cœur de la transition écologique en agissant sur l’adaptation de notre territoire au changement climatique. Elle permet de concilier 2 missions qui se complètent et se renforcent : la préservation des milieux aquatiques et la protection des populations au risque inondation.

3 objectifs opérationnels : prévenir + agir + alerter

La GEMAPI permet de mener en synergie 2 missions complémentaires :

  • entretien des cours d’eau, préservation des zones humides et des lagunes, protection du trait de côte ;
  • construction d’ouvrages de protection, surveillance du niveau des cours d’eau, gestion de crise.

Par exemple, redonner toute sa place à la nature le long d’un cours d’eau, limiter l’artificialisation des sols contribuent à atténuer le risque inondation en permettant à l’eau de retrouver une circulation plus naturelle.

Il est ainsi possible aujourd’hui, à travers ces 3 objectifs opérationnels, d’envisager les enjeux liés au dérèglement climatique de manière systémique et de proposer des solutions adaptées et efficientes, à la fois pour la préservation des milieux aquatiques et la sécurité des habitants.

La GEMAPI au service du territoire

Si les objectifs sont ambitieux, les actions concrètes le sont aussi et demandent une palette de compétences, de l'élaboration de stratégies jusqu'aux interventions au quotidien, sur l’ensemble du territoire, à court terme et à long terme, dans le cadre de démarches multiples, engagées par Montpellier Méditerranée Métropole.



La GEMAPI c’est où ?

La GEMAPI, c’est un périmètre d’intervention large :

  • 290 km de cours d’eau principaux, le Lez et la Mosson.
  • 1800 ha de lagunes et zones humides
  • 10 km de trait de côte à Villeneuve-lès-Maguelone
  • 25 km de digues et 10 ouvrages classés
  • 18 bassins écrêteurs de crue
  • 22 capteurs de surveillance

Qui finance ?

Toutes les actions entreprises sont notamment financées par la taxe GEMAPI, prélevée sur les impôts locaux. Celle-ci ne peut être utilisée que pour agir sur les milieux aquatiques et le risque inondation. Ce sont ainsi les habitants qui contribuent à la résilience de leur territoire.

Zoom sur le littoral méditerranéen, un territoire en 1ère ligne

Le littoral de notre territoire est un atout précieux mais un milieu fragile : il subit les risques de pollution, d’inondations, d’érosion côtière, de submersion marine. Une gestion cohérente et concertée de ses enjeux est donc indispensable, facilitée par la GEMAPI. Ainsi, la Métropole agit aux côtés du Conservatoire du Littoral sur les espaces naturels protégés de l’étang de Vic, des Salines de Villeneuve et de l’étang du Méjean, en lien avec les communes littorales et les gestionnaires et acteurs locaux.

Objectif : favoriser l’adaptation des zones littorales au changement climatique.

Zoom sur les PAPI, les Programmes d'Actions de Prévention des Inondations

Les Programmes d'Actions de Prévention des Inondations (PAPI) permettent de mettre en œuvre une politique globale de gestion des risques d'inondation, à l'échelle du territoire concerné.

Sur le bassin versant du Lez, un premier PAPI (2007-14) a permis de mettre en sécurité plus de 18.000 personnes sur les communes de Lattes, Pérols et Villeneuve-les- Maguelone, de sécuriser le CHU et de protéger la basse vallée de la Mosson. Un deuxième PAPI (2015-2020) a été élaboré pour protéger les secteurs durement touchés par les inondations de 2014 : construction d’une nouvelle digue à Juvignac, construction d’un barrage et d’un bassin de rétention à Grabels, reconstruction des digues de Fabrègues, tels sont les projets d’ampleur (près de 10 M€) en cours de réalisation, co-financés par la Région, l’État et l’Europe. Les phases d’études, de conception et de procédures réglementaires sont en voie de finalisation, et les premiers travaux devraient commencer cette année. Un troisième PAPI a vu le jour en mars 2022. Il permettra de conforter les outils de surveillance et d'alerte sur le bassin versant ainsi que la connaissance du risque (inondation et ruissellement) sur les affluents des cours d'eau principaux.

Sur le bassin versant de l'étang de l'Or, un PAPI (2019-2024) a été adopté, notamment pour protéger le secteur des cabanes de Pérols.

Ces programmes d’action sont contractualisés entre l'État et les collectivités, et mis en oeuvre par des structures d'étude et d'animation, les syndicats de bassin :

Syndicat Mixte du Bassin du Lez (SYBLE)

Syndicat Mixte du Bassin de l'Or (SYMBO)

L’objectif aujourd’hui, à travers la GEMAPI, est bien d’orienter ces PAPI vers la préservation des milieux aquatiques :

  • gérer l’aléa en tenant compte du fonctionnement naturel des milieux aquatiques, au travers d’une approche intégrée ;
  • développer la recherche de synergies entre gestion de l’aléa et restauration des milieux, comme le rétablissement des continuités écologiques et hydrauliques ou la création de zones d’expansion de crues ou zones humides ;
  • restaurer les cours d’eau dans les traversées urbaines.

Un bassin versant kesaco ?

C’est un territoire où toutes les eaux s’écoulent et convergent vers un même cours d’eau puis en mer.

Zoom sur l’outil "Ville en Alerte"

Montpellier Méditerranée Métropole met en place un système innovant de surveillance et de gestion en temps réel du risque hydrologique, afin d'aider au mieux la gestion de crise à l'échelle intercommunale, en étroite collaboration avec l'ensemble des acteurs locaux.

Appelé "Ville en Alerte", cet outil collaboratif comprend la prévision météorologique, le suivi des phénomènes par des capteurs, la simulation anticipée de l'évènement et de ses conséquences, la gestion en temps réel des bassins de régulation des eaux, le déclenchement de mesures de sûreté et enfin la diffusion de l'alerte au public.

Il met ainsi au service des communes et des services de l’État, en temps réel, les informations essentielles à la gestion de crise : zones touchées, routes fermées, centres d’accueil, etc.

Ce dispositif Ville en Alerte intégrera également à terme d’autres risques (incendies, épisodes neigeux, transport de matières dangereuses, etc.) que le risque inondation. Cet outil innovant, construit avec un collectif d'entreprises engagées sur le territoire dans la prise en compte des risques majeurs, a remporté le trophée des IRISES lors du Forum sur les risques majeurs en février 2022.

Des exemples sur le terrain

AGIR - Vivien, chargé de mission GEMAPI

« Gérer un projet c’est mettre tout le monde en ordre de bataille ! »

Vivien intervient avant tout sur le PI de GEMAPI, c’est-à-dire la prévention des inondations. Il pilote de A à Z la réalisation de projets de protection initiés notamment à l’issue des graves inondations de 2014 : études de conception, procédures réglementaires, suivi des travaux… Vivien coordonne le travail des différents prestataires et veille au respect des plannings. Il participe également à la gestion des ouvrages existants tels que les digues et bassins de rétention implantés sur le territoire et rend compte aux services de l’état des obligations d’entretien et de surveillance du Gémapien.

« L‘aménagement de nouvelles digues à Juvignac et Pérols, la construction du barrage de Grabels ou encore la reconstruction des digues de Fabrègues sont des projets d’ampleur, longs et complexes. Le fait d’y contribuer du début à la fin est très enrichissant ! J’aime particulièrement l’aspect collaboratif de mon poste qui m’amène à travailler en concertation avec une grande diversité d’interlocuteurs, publics et privés. J’œuvre à protéger mon territoire, c’est satisfaisant ! »

AGIR - Julien, chargé de mission milieux lagunaires et zones humides littorales

« Résoudre les déséquilibres du passé permet de mieux préparer l’avenir ! »

Julien travaille à l’élaboration et à la réalisation de projets de restauration des lagunes et zones humides, qui constituent l’une des richesses de notre territoire. Il s’agit avant tout d’actions de renaturation, dont l’objectif est de protéger les milieux aquatiques de l’impact des activités humaines, et de les rendre plus résilients face au changement climatique. Cette mission opérationnelle se double d’une mission plus transversale, au carrefour des enjeux environnementaux et sociétaux. Julien est ainsi en contact avec l’ensemble des acteurs concernés (État, élus, associations) et a un rôle d’animation et de sensibilisation.

« Ces milieux sont l’endroit où tout se cumule et il faut prendre alors d’importantes mesures correctives. Mais l’objectif, c’est de travailler aussi en amont, afin de réduire les risques. Toute la beauté de ma mission réside alors dans la diversité et les synergies : comme les territoires que je contribue à restaurer, qui sont entre terre et mer, je suis à l’interface des enjeux et des acteurs, à la fois sentinelle et porte-parole. Nous devons rendre des espaces de respiration aux territoires, et à ses habitants. »

PRÉVENIR - Corinne, ingénieur risque pluvial et inondation

« La prévention, c’est le secret de la résilience ! »

Corinne intervient en amont : son objectif, c’est d’intégrer le risque inondation, que ce soit le débordement des cours d’eau ou le ruissellement pluvial, dans les projets d’aménagement de la Métropole. Elle agit à plusieurs échelles :

  • pour les permis de construire ;
  • pour les grands projets d’aménagement du territoire (résidentiels, commerciaux, d’infrastructures et de transport) ;
  • pour l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme intercommunal, qui fixera les futures règles de développement de la ville.

« On construit la métropole de demain et c’est capital que le risque inondation soit pris en compte dès la conception des projets afin de rendre le territoire résilient. C’est très satisfaisant et motivant de mettre son expertise au service d’un territoire et d’une population ! »

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